Le dernier disque de Susanne van Els fait la part belle au répertoire d’alto du début XXe. Au programme, les Quatre visages et le Concerto pour alto n°1 de Darius Milhaud, la transcription de la Sonate pour violoncelle seul d’Eugène Ysaÿe et la Sonate pour alto seulde Paul Hindemith. Voici donc une énième version discographique de ces pièces, certainement trop peu connues du grand public mais désormais incontournables dans le répertoire d’alto. Il faut dire que ce répertoire, souvent élitiste et peu accessible au premier abord ne laisse que rarement la place à des pièces aussi immédiatement éloquentes pour tous.
Il manque un nom pour désigner ces compositeurs, souvent réduits au rang de chef de file d’écoles nationales, célèbres dans les années 30, derniers représentants du post-romantisme, souvent influencés successivement par ce qu’on a appelé l’impressionnisme puis l’expressionnisme en musique, parfois devenus chef d’orchestre ou reconnus dans d’autres domaines que la composition, et crédités, selon le mot auto-critique de Richard Strauss de la première place au sein des créateurs de seconde zone. Flor Alpaerts, comme Arthur Meulemans est l’une de ces figures sous-estimées dont on enregistre à l’occasion quelques œuvres mineures fréquentées pour leur instrumentation peu conventionnelle. La série Flemish Connection consacre son huitième volume à un florilège orchestral des plus éclatantes réussites d’Alpaerts, dans des interprétations si soignées et enthousiastes qu’elles parviennent à concurrencer sans peine les pièces les plus renommées du répertoire.
Le nom de Daniel Sternefeld n’évoque sans doute pas grand-chose pour l’amateur de musique hormis quelques enregistrements qu’il réalisa en tant que chef de l’Orchestre radio-symphonique de Bruxelles entre 1958 et 1970. Son activité de compositeur connut une longue éclipse d’une trentaine d’années, et quoiqu’il existe un disque Marco Polo présentant en partie le même programme que ce CD Klara-Etcetera, cette nouvelle publication sous la baguette inspirée d’Arturo Tamayo, neuvième volume d’une collection consacrée à la musique symphonique flamande du début du XXème siècle, pourrait constituer une révélation d’importance.