Osias Wilenski a vécu plusieurs vies : d’abord pianiste de concert, il s’est consacré au cinéma (documentaire ou de court-métrage) et à la télévision pendant une douzaine d’années, avant de revenir à la musique par le biais du théâtre, en tant qu’assistant et directeur musical du Teatro Colon, puis du Liceu. Columna Musica édite une anthologie de sa musique écrite en Catalogne où il a vécu durant les vingt dernières années. On peut y entendre l’auteur lui-même au piano, et quelques œuvres pour bois solistes et ensembles de vents.
Deutsche Grammophon poursuit la promotion du pianiste destiné à lui conquérir de nouveaux marchés avec de luxueux partenaires : Vadim Repin et Misha Maisky. Au programme, les trios de Rachmaninov et de Tchaïkovski. Un disque impressionnant pour sûr et qui doit, selon la pochette, montrer comment « trois géants de leurs instruments révèlent l’inépuisable inventivité du trio de Tchaïkovski et les tendres consolations de Rachmaninov ». Si par inventivité on doit comprendre : faire entendre ce qui n’a jamais été entendu jusqu’ici, alors le pari est nettement réussi. Mais était-ce ce qu’on attendait depuis toujours dans ces œuvres ? C’est là que les avis divergeront.
La vie de Hermann Hans Wetzler, suspendue entre les convulsions européennes de l’entre-deux guerres et les Etats-Unis pourrait fournir la trame d’une fresque romanesque. Ne vous laissez pas abuser par la peinture de Giotto reproduite sur la pochette : la musique n’a rien à voir avec l’austérité d’un retour au néo-classicisme à tendance mystique, et le choix d’un expressionniste tel James Ensor ou Otto Dix aurait donné une image plus exacte du style flamboyant du compositeur. Installez-vous confortablement, car de l’audition de ce disque exceptionnel, d’une qualité d’interprétation stupéfiante, risque de résulter un choc esthétique inattendu, voire inespéré.
Ce disque regroupe des pièces de trois compositeurs polonais pour autant de générations, mais avec une continuité qui est celle du maître à l’élève : Boleslaw Szabelski, qui fut élève de Szymanowski, eut pour élève Górecki, qui eut pour élève Eugeniusz Knapik.
Les deux symphonies du compositeur italien Giuseppe Martucci, symphoniste avant Malipeiro et Respighi, paraissent aujourd’hui chez Naxos sous la direction de Francesco La Vecchia. Ces œuvres relativement intéressantes pourront intéresser les amateurs de « romantisme alternatif ».
Schubert n’a laissé aucune œuvre mettant en vedette le violoncelle, d’où l’attirance des virtuoses de cet instrument et des altistes pour la Sonate pour arpeggione et piano. Curieuse idée d’éditeur néanmoins que de réaliser un disque constitué uniquement de transcriptions et arrangements (présentés comme des premières mondiales, et pour cause !), recourant à des instruments « d’époque » (cordes de boyau), ce dont le client n’est prévenu que par la mention « pianoforte » sur la jaquette arrière. Le résultat sonore offre-t-il un intérêt qui justifie l’étrangeté de la méthode ?
Ce disque superbement réalisé rassemble des œuvres pour chœurs et solistes a cappella de Richard Strauss. L’occasion de découvrir que ce maître de l’orchestre pouvait aussi traiter les voix comme des instruments, avec un sens puissant de la polyphonie. Seul regret : le programme est un peu chiche (47 minutes). On en aurait pourtant redemandé…
L’Orfeo de Monteverdi est désormais bien servi au DVD. Outre la version historique de Nikolaus Harnoncourt avec Jean-Pierre Ponnelle, nous avons des réalisations remarquables signées René Jacobs, Jordi Savall, Stephen Stubbs, et à présent William Christie. Ce dernier vient immédiatement prendre place parmi les meilleurs, comme on pouvait s’y attendre, d’autant que la mise en scène de Pier Luigi Pizzi est pleine d’une vie qui manque à d’autres. Qu’est-ce qui empêche qu’on soit complètement conquis ? Une paille dans la distribution : que vient donc faire Dietrich Henschel dans le rôle-titre ?
Lorsqu’Emmanuel Schikaneder propose le livret de Die Zauberflöte à Mozart pendant l’été 1791, celui-ci est en pleine composition de La clemenza di Tito. C’est aussi à cette période que Mozart déjà affaibli par la maladie et la surcharge de travail reçoit la commande du Requiem qui restera inachevé suite à son décès le 05 décembre 1791. La Flûte enchantée créée le 30 Septembre, juste après La clémence de Titus, reçoit un accueil triomphal qui ne se démentira pas. Arthaus nous propose ici la captation d’une production de l’Opéra de Zürich montée en 2000 et qui réunit une distribution homogène, sympathique et brillante.
Première en dvd pour le Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen : l’unique opéra du compositeur, œuvre particulièrement difficile à monter, qui est ici donné dans une production réussie, bien qu’elle soit, sans que cela soit surprenant, plus satisfaisante sur le plan musical que sur le plan scénique.