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Imogen Holst : un talent ignoré (y compris d’elle-même)

jeudi 13 juin 2013 par Fred Audin

Au travers du label Lyrita, dont sont familiers les amateurs de musique britannique, on connaissait surtout Imogen Holst comme chef d’orchestre, par l’acharnement qu’elle mit à défendre l’œuvre trop souvent négligée de son père. On ignore en général qu’elle fut la secrétaire de Britten, qui lui demanda d’orchestrer sa cantate Rejoice in the Lamb dont ce disque offre le premier enregistrement mondial, et qu’elle fut jusqu’à la fin elle-même un compositeur, auteur nous dit la notice d’un « célèbre » quatuor à cordes en 1982. Le présent disque explore, souvent rejouées pour la première fois depuis leur création, ses œuvres chorales.



Un modèle de densité dans la Passion selon Saint-Jean

mercredi 12 juin 2013 par Philippe Delaide

L’enregistrement effectué par Philippe Pierlot et son Ricercar Consort de la Passion selon Saint-Jean de Bach confirme l’acuité des lectures du violiste belge dans ce répertoire. Au delà des couleurs du temps qui poussent les ensembles baroques à revisiter le répertoire sacré du Cantor via une lecture « solistique », Philippe Pierlot tient ici un propos d’une cohérence et d’une beauté saisissantes.



Samuel Barber : Enregistrement historiques 1935-1960

mercredi 12 juin 2013 par Fred Audin

Avec presque deux ans de retard, le label canadien WHRA nous offre la seule parution discographique célébrant le centenaire de la naissance de Samuel Barber et regroupant des enregistrements tous historiques, mais pour la plupart inédits, majoritairement des interprétations remontant à la création de versions originales qu’on n’imaginait parfois même pas exister. Ce coffret de huit CD est un cadeau du ciel, permettant de pénétrer au cœur du processus créatif ; mesurons la chance que nous avons de pouvoir l’acquérir, la distribution et la vente en étant prohibée sur le territoire des Etats-Unis. Même si le son parfois précaire ne convient pas forcément à une découverte, aucun passionné de Barber (en reste-t-il ?) ne peut résister à pareille aubaine.



Sombre enchantement des larmes courageuses

mardi 11 juin 2013 par Laurent Marty

Bien franchement : pouvez-vous donner le nom d’au moins deux compositeurs danois baroques, là-maintenant-tout de suite ? Vous séchez ? Rassurez-vous, rien là que de très normal. On pourrait s’en tirer par une pirouette, bûcher un peu et citer le passage de Buxtehude à Helsinborg puis Elseneur, les espoirs de Bruhns à sa succession, la fuite de Schütz à Copenhague au moment de la guerre de Trente ans. Mais à part cela, rien, le néant total de notre ignorance crasse, le vide des dictionnaires spécialisés.



Le petit monde clos d’Edmund Rubbra

mardi 11 juin 2013 par Pierre Darnay

Naxos achève son intégrale des quatuors d’Edmund Rubbra avec ce deuxième volume consacré aux Quatuors n° 1, 3 et 4. Loin d’être des premières mondiales on est étonné de découvrir qu’il s’agit en fait de la troisième intégrale disponible sur le marché. Force est de constater qu’en dépit de ces parutions multiples la musique de ce compositeur anglais, élève de Gustav Holst et Ralph Vaughan-Williams, reste toujours aussi confidentielle.



Rautavaara referme l’horizon en boucle

mardi 11 juin 2013 par Fred Audin

En 2009, Einojuhani Rautavaara pouvait s’enorgueillir d’un catalogue de douze concertos, le tout premier, comme le dernier enregistré ici étant un concerto pour violoncelle, cette clôture en boucle ne marquant guère un point final puisque ce deuxième concerto pour violoncelle est intitulé Vers l’horizon ce qui laisse supposer une curiosité pour le mystère de ce qui réside derrière cette dernière frontière qui comme chacun sait, demeure impossible à atteindre puisqu’elle recule à mesure qu’on avance.



Rautavaara et le chœur d’enfants ; pour amateurs éclairés uniquement.

mardi 11 juin 2013 par Fred Audin

Quoi de plus ingrat que des œuvres pour chœur d’enfants ? Un genre qu’on pensait réservé à la musique britannique, ou à des compositeurs spécialisés. L’étonnant est que cela passe sans grand agacement ni ennui ; pour en rendre compte de façon objective, il faudra néanmoins répéter un peu ce que nous dit la notice, ce disque, très bien interprété, étant pour nous d’un intérêt plus que secondaire, les œuvres les plus marquantes existant également (à part la Messe) dans des versions pour adultes.



Charles Bordes et Verlaine : la mélodie française à son apogée

mardi 11 juin 2013 par Fred Audin

Fondateur avec Alexandre Guilmant et Vincent d’Indy de la Schola Cantorum, Charles Bordes négligea sa propre musique, préférant publier des collections de chants basques et se consacrer à ses activités d’organiste et d’enseignant. Ainsi, celui que parmi ses élèves, César Franck considérait, à l’égal de Duparc, comme un génie, laisse une œuvre assez mince. C’est un événement de voir apparaître un disque consacré à ses mélodies sur des poèmes de Verlaine, surtout par des interprètes aussi merveilleux que Sophie Marin-Degor et Jean-Sébastien Bou, accompagnés par François-René Duchâble qui demeure, quoiqu’il soit devenu rare de l’entendre, l’un des plus grands pianistes vivants.



Telemann rafraîchissant

samedi 8 juin 2013 par Pierre Darnay

Ce nouveau volume de la Collection Jeunes Ensembles d’Ambronay Editions, créée en 2010, permet de découvrir sept jeunes artistes qui ont choisi pour nom d’ensemble Les Esprits Animaux. Ces musiciens ont conçu un programme original autour de la littérature du XVIIIème siècle. Cet ensemble existe-t-il toujours ? Leur site internet ne mentionne que des « past events » et leur dernier concert date de décembre 2012… Quoi qu’il en soit cet album unique n’aura pas été un coup d’épée dans l’eau.



Rautavaara : contemplation extatique parfois exténuante

vendredi 31 mai 2013 par Fred Audin

Einojuhani Rautavaara, compositeur finlandais fut l’un de ceux qui eurent le privilège de porter le cercueil de Sibelius. Comme nombre de ses confrères, après avoir expérimenté dans la veine dodécaphonique dans les années 50, il devint un des représentants du post-tonalisme, tendance extatique répétitive. Quatre disques d’œuvres chorales, un seul accompagné par l’orchestre, c’est peut-être beaucoup pour une entrée en matière. Se laisser porter par les voix, sans chercher à comprendre, -on ne possède pas la langue - ; le rythme des Alléluias suffit à établir l’atmosphère. Il y a aussi de la musique profane, même si elle vise cette « affinité vers l’infini » qui serait la définition de l’aspiration religieuse, y compris chez l’agnostique.




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